Penser la transition

" Refuser le Ceta , c’est donner une chance à l’Europe "

Publié le 26 octobre 2016

Extrait de l'interview de Nicolas Hulot dans le quotidien belge Le Soir

Nicolas Hulot à propos du CETA

La Wallonie s’oppose à la signature au Ceta. En résumé, les Wallons estiment qu’en l’état, le traité avec le Canada fait la part belle aux multinationales, au détriment de la puissance publique. Les rejoignez-vous sur ce constat ?

Nicolas Hulot : "Je partage complètement cette analyse. Cet accord de «  nouvelle génération » dépasse largement la question du commerce et des droits de douane. Les dispositions qu’il introduit portent clairement atteinte aux prérogatives des Etats ou de l’Union Européenne pour protéger les citoyens et lutter contre le changement climatique en renforçant le pouvoir des lobbys. Il est déjà suffisamment difficile aujourd’hui de maintenir nos normes environnementales et sociales alors qu’il faudrait les renforcer pour faire face aux enjeux du 21ème siècle. Il est nécessaire de prendre le temps de renégocier des parties entières du traité. Une simple déclaration interprétative annexée à l’accord ne peut en rien changer la donne. Il est par exemple impensable que des investisseurs puissent poursuivre, devant un tribunal d’arbitrage privé, un Etat qui prendrait des mesures pour bannir les énergies fossiles les plus polluantes ou soutenir les énergies renouvelables."

Il a été dit que les Wallons ne peuvent pas empêcher à eux seuls un accord accepté par 99% des Européens. Cet argument est-il recevable ?

Les Wallons ne sont pas seuls. L’Europe se dit surprise mais de nombreux experts juridiques et économiques ont dénoncé ce traité et il existe une opposition massive de la part des citoyens mais aussi des parlementaires partout en Europe. En France, l’Assemblée Nationale a par exemple adopté une résolution dès 2014 qui traçait des lignes rouges et demandait notamment de ne pas intégrer de tribunaux d’arbitrage dans l’accord. Dans la mesure où cet accord dépasse le cadre habituel du commerce et des compétences déléguées à l’Union Européenne, il aurait été nécéssaire d'avoir des consultations beaucoup plus larges en amont à la négociation. La Belgique a la chance de disposer d’un système où les parlements régionaux sont consultés avant la signature des traités ce qui a permis un large débat. Je suis convaincu que des exercices similaires en France et dans les autres pays européens auraient abouti au même résultat. 

Pour lire la suite de l'interview c'est sur le quotidien belge Le soir