Penser la transition

Mobilité et précarité : quelles solutions ?

Publié le 22 septembre 2015
La France s’est engagée dans une transition écologique globale et la nécessité de faire évoluer les pratiques de mobilité est largement partagée dans le débat public. Sans qu’il soit abouti, ce processus est en cours en ville où les enjeux sont bien connus. Dans les territoires périurbains ou ruraux, peu denses mais qui abritent une population croissante et très dépendante de la voiture individuelle, se posent de nouveaux problèmes de précarité. Des français sont contraints à l’immobilité que ce soit par manque de moyens financiers ou par incapacité à se déplacer ; c’est le cas par exemple des personnes âgées qui ne peuvent plus conduire.

Une étude menée sur l’aire urbaine de Lyon montre que 21% des ménages lyonnais étaient en situation de précarité énergétique car ils consacraient plus de 18% de leurs revenus à leur mobilité quotidienne. 70% résidaient en zone périurbaine et rurale, 20 % en banlieue. Un scénario catastrophe qui pourrait s’aggraver pour plusieurs raisons :

• l’augmentation nécessaire des prix de l’énergie,

• le manque d’argent pour s’adapter en achetant un véhicule plus performant,

• le manque d’investissement des collectivités dans les alternatives à la voiture individuelle.

Combien de personnes faut-il soutenir dès maintenant ? Et comment ?

LES CINQ MESURES PHARES PORTÉES PAR LA FONDATION NICOLAS HULOT
1 - Donner un cadre et une impulsion au niveau national pour construire des systèmes d’information multimodaux régionaux, interopérables au niveau national. Ceux-ci permettraient, par exemple, de proposer des trajets porte-à-porte intégrant tous les modes de transport y compris les itinéraires cyclables et le covoiturage.

2 - Développer plus rapidement les infrastructures nécessaires aux mobilités de rabattement et/ou aux mobilités partagées (autoroutes cyclables, stationnements sécurisés pour les vélos, aires de covoiturage etc.) en lançant des appels à projets spécifiques ou en leur ouvrant les appels à projets existants (TEPOS - Territoires à énergie positive ; TCSP - Transport en commun en site propre).

3 - Donner la priorité à un usage partagé, pour les véhicules « écologiques » de demain (autopartage, flottes d’entreprises ou de collectivités). Pour les particuliers proportionner les dispositifs incitatifs aux ressources.

4 - Réformer la fiscalité de la mobilité pour plus de justice sociale et d'efficacité, en particulier en proportionnant les dispositifs incitatifs aux ressources des ménages. Adapter le bonus malus pour qu’il devienne une vraie prime à la conversion automobile bénéficiant aussi aux ménages précaires.

5 - Accompagner plus activement les ménages dans une démarche de conduite du changement des pratiques de mobilité en parallèle du développement de l'offre. De telles actions pourraient être financées par les collectivités et les entreprises de la mobilité soumises à des obligations de type certificat d’économie d’énergie.