Penser la transition

Lutter contre la désertification, un défi mondial!

Publié le 15 juin 2017
Les sols sont essentiels à la vie et plus particulièrement à l’espèce humaine. Ils fournissent les aliments dont nous nous nourrissons, filtrent naturellement l’eau que nous buvons et participent à la régulation du climat en stockant durablement du carbone. Pourtant les changements engendrés par les activités humaines les mettent en danger ainsi que tous les services que nous en tirons.

La lutte contre la désertification, un défi mondial

 

La désertification se définit par la dégradation des sols et donc la perte de leur fertilité. Elle est due à différents phénomènes : l’érosion par le vent ou l’eau, la disparition à long terme de la végétation naturelle et la détérioration de leurs propriétés physique, chimique ou biologique. Près du quart des terres agricoles mondiales sont dans un état tel qu’il n’est plus possible de les cultiver, 40% des terres émergées sont menacées dont plus de 60% sont déjà touchées.

 Désertification menace la planète

Les activités humaines à travers la déforestation, l’utilisation à outrance de pesticides et la mécanisation d’une agriculture intensive, sont en grande partie responsables de ce phénomène. Mettant à nus les sols et fragilisant leur biodiversité (vers de terre, champignons), ces activités affaiblissent les sols face au changement climatique, qui accentue encore la désertification.

 

Ces menaces pèsent sur les productions agricoles et donc la sécurité alimentaire mondiale. L’ONU estime à 130 millions le nombre de personne qui devront fuir les famines et les sécheresses engendrées par la désertification d’ici à 2045. Au total, la désertification menace 250 millions de personnes dans le monde. Comme pour toutes les crises environnementales à venir, ce sont les personnes les plus démunies qui en seront les premières victimes, comme les populations rurales des zones arides confrontées à la dégradation de leurs terres agricoles.

 la désertification menace le monde

Désertification et climat, une convergence des luttes.

 

Les sols constituent un stock considérable de carbone, ils en contiennent deux fois plus que l’atmosphère et la biosphère combinées. La dégradation des sols est liée à leur perte de matière organique. Dans le processus de dégradation et de désertification la dégradation de cette matière organique engendre l’émission de gaz à effets de serre. Mais en restaurant ces sols ce processus pourrait être inversé: 11 milliards de tonnes de CO2 pourraient être ainsi stockées chaque année. C’est une réelle opportunité car la restitution de matière organique au sol permet également d’augmenter sa fertilité.

 Rôle des sols et climat

Pour cela notre modèle agricole doit changer. Déployer des méthodes agricoles saines, durables et paysannes permettrait de restaurer les sols, d’assurer un revenu et une alimentation saine aux populations tout en préservant la biodiversité. C’est l’objectif de l’agroécologie et de l’agroforesterie : s’appuyer sur la nature pour produire une alimentation saine tout en restaurant les milieux naturels, notamment en entretenant la fertilité du sol.

 

Donc remettre du carbone dans les sols n’est pas une fin en soi mais un co-bénéfice du développement de modes de production agricole sains et durables.

 

 

Des solutions locales pour préserver les sols

 

L’association Loos N’Gourma, qu’a soutenu la Fondation, travail sur ces sujets depuis 1981. En développant l’agroécologie dans le village de Sampiéré au Burkina Faso, elle donne la possibilité aux habitants de s’assurer une autonomie et une sécurité alimentaire.

D’une autre ampleur par sa taille et son étendue géographique, l’initiative de la Grande Muraille Verte est un projet international visant à sortir de la désertification une zone sub saharienne de 7600 km de long et 70 km de large en  promouvant notamment une agriculture locale durable inspirée de l’agroécologie.

 

Les pays développés, en revoyant leur mode de consommation, ont aussi leur rôle à jouer. Réduire la consommation de viande, d’huile de palme et de tous les autres produits venant de l’agriculture provoquant la déforestation est une première étape pour mettre fin à la dégradation des sols. Favoriser des produits de saisons, locaux et provenant d’une agriculture durable (biologique, agroécologie), contribuera à atténuer le phénomène de désertification.

Pour aller plus loin, vous pouvez vous aussi vous mobiliser en participant à des activités de restauration et de préservation des écosystèmes grâce à la plateforme J'agis pour la Nature

- Préservation d'un tremblant 

- Aménagement d'un site pour accueillir la biodiversité