Déforestation : un phénomène mondial aux conséquences dévastatrices

Publié le 20 mars 2017
Les forêts abritent 80% de la biodiversité terrestre, nous nourrissent, nous protègent, nous fournissent du bois et ont une fonction essentielle dans la lutte contre le changement climatique. Chaque 21 mars depuis 2013, elles sont à l’honneur avec la Journée internationale des Forêts, une occasion de valoriser leur rôle primordial pour les humains et la biodiversité.

En 2016, le taux de déforestation de la forêt amazonienne a augmenté de 29%, soit 8 000 km2 rasés en plus selon les chiffres de l’INPE et de la FAO*. Chaque année dans le monde, ce sont 13 millions d’hectares de forêts qui disparaissent, soit l’équivalent de 2 400 arbres coupés toutes les minutes ! Cette déforestation rapide, dangereuse et impressionnante est due majoritairement à l’expansion agricole, première cause de dégradation des écosystèmes tropicaux. 

Deforestation

Une monoculture néfaste

En Indonésie et en Malaisie, c’est la production croissante d’huile de palme qui fait des ravages. Souvent cachée sous l’appellation « huile végétale » dans les aliments industriels (pâte à tartiner, biscuits, chips, céréales, produits chocolatés, plats préparés, etc.), l’huile de palme est aussi présente dans les cosmétiques et les biocarburants. Produite sur des champs à perte de vue, les palmiers se développent sur les hectares de forêts brulées. L’orang-outan, le tigre, l’éléphant et le rhinocéros de Sumatra subissent directement les conséquences de ce déboisement. La surface de leurs habitats naturels se réduit, les obligeant à fuir pour trouver de nouveaux refuges. Quand ils ne meurent pas brûlés, ils sont menacés par le braconnage et le manque de réglementations pour protéger leurs habitats. Leur nombre a fortement diminué, les classant désormais espèces menacées et en voie d’extinction. A ce rythme, les spécialistes redoutent des disparitions de masse des singes d’ici 25 à 50 ans.

Singes et déforestation

Les populations locales indigènes, dont certaines dépendent de la forêt, sont également impactées par cette déforestation bien souvent illégale. Les cours d’eau et l’air sont pollués par l’expansion de ces champs nourris aux pesticides et souvent couverts d’OGM. Obligés de vivre sur un territoire de plus en plus restreint pour chasser, ces populations pâtissent du manque de reconnaissance du rôle de la forêt comme principale source de leur survie et luttent chaque jour pour défendre leur indépendance. 

Le développement au Brésil des surfaces consacrées à l’élevage de bétail (bovins, ovins, volaille) et au soja OGM pour nourrir ce bétail participent également à la déforestation, tout comme l’extraction du pétrole, et la construction de barrages ou de routes. Le sol est ainsi appauvri (devient infertile, favorise les glissements de terrain et les inondations), des ressources précieuses sont décimées (eau potable, plantes médicinales), la propagation de maladies s’aggrave (paludisme) et davantage de gaz à effet de serre sont générés.

Une barrière fragilisée face au changement climatique

Les forêts produisent 40% de l’oxygène et stockent efficacement le carbone. Lorsqu’elles sont brûlées, elles libèrent l’oxyde de carbone qui pollue l’air des populations riveraines et accélère les effets du changement climatique. Actuellement, la déforestation est responsable de 15 à 20% des émissions de gaz à effet de serre mondiales alors que les forêts sont des éléments indispensables pour réduire ces émissions ! Les pressions exercées par l’homme sur les forêts doivent diminuer drastiquement pour favoriser une exploitation de bois durable et conserver les richesses de ces écosystèmes. Pour soutenir les associations de terrain dans leurs projets de sauvegarde des primates et des forêts qui les abritent, la Fondation Nicolas Hulot a créé le programme Rajako en 2015.  L’objectif est d’appuyer des actions visant à la protection de 3 espèces emblématiques : les Lémuriens à Madagascar, les Gibbons en Indonésie et les Chimpanzés en Ouganda.

*Institut National de Recherche Spatiale du Brésil (INPE) et Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)