Penser la transition

Alimentation durable : quels enjeux?

Publié le 26 février 2016
L’alimentation et l’agriculture sont au cœur des enjeux du développement durable puisqu’elles sont aujourd’hui porteuses de déséquilibres environnementaux, économiques et sociaux très importants. Elles peuvent pourtant être sources de bénéfices pour les écosystèmes et porteuses de solidarité !

L’agriculture occupe une place centrale dans nos vies. Par l’alimentation qu’elle procure, certes, mais pas seulement ! Les impacts et les interactions de l’agriculture se jouent bien au-delà : sur l’eau, les sols, la biodiversité, la santé, mais aussi sur nos paysages, notre terroir, notre culture, l’emploi, le dynamisme de nos régions. Décider de notre agriculture est un véritable projet de société. 

Agriculture et Gaz à effet de serre

Saviez-vous qu’en France l’agriculture est responsable de 17% des émissions de gaz à effet de serre (GES) ? L’utilisation d’engrais, l’accroissement de la mécanisation très énergivore et les emballages toujours plus présents participent entre autres à ce phénomène.

Le choix de production, de transformation, de transport et de distribution des denrées alimentaires sont parmi les points clés d’action pour réduire notre impact sur le climat.

Agriculture et biodiversité

Le manque de durabilité de la gestion de nos activités ne sont pas sans conséquence sur notre environnement. L’intensification de l’agriculture, la surexploitation des ressources naturelles, la pollution de l’eau, de l’air et des sols, l’artificialisation des sols et la dégradation des habitats spécifiques qu’elle entraîne, ou encore le changement climatique sont autant de phénomènes participant à l’érosion de la biodiversité. L’agriculture a un rôle important dans ces phénomènes. D’autres formes d’agriculture existent, comme la permaculture et l’agroécologie, qui permettent de produire de la biodiversité.

Vers une alimentation durable

Aller vers une alimentation plus durable c’est développer une agriculture durable et solidaire qui répond à la fois à la crise climatique et à celle du vivant. C’est passer par la promotion de produits locaux, de saison et de qualité.

Le steak de bœuf que j’ai acheté provient-il d’un animal nourri au soja, culture en partie responsable de la déforestation ? D’où proviennent mes fruits et légumes et sont-ils de saison?

alimentation durable

Choisir ses aliments influence directement les modes de production ! Consommer des produits locaux, de saison et de qualité, choisir des fournisseurs de proximité, faire des achats réfléchis, économiser les ressources, réduire ses déchets, limiter ses émissions de gaz à effet de serre sont autant d’actions visant à lutter contre la crise climatique et celle du vivant.

Nos propositions

Réduire drastiquement l’usage des pesticides

Notre agriculture est très consommatrice de pesticides. Malgré la mise en place du plan Ecophyto en 2008, et l’objectif ambitieux de réduire par deux leur usage en France, la consommation de ces produits n’a pas diminué. Pire, elle a augmenté les années passées. Or les études s’accumulent pour dire que les pesticides causent de graves dommages sur l’environnement et la santé humaine.

Un nouveau plan Ecophyto a été lancé. La FNH souhaite que tout soit mis en œuvre pour que les objectifs soient atteints (- 50% d’ici 2025) et que l’argentpublic soit utilisé pour mettre en évidence qu’une telle réduction est possible.

Interdire les pesticides néonicotinoïdes

Les pesticides néonicotinoïdes sont des insecticides neurotoxiques dont on connaît aujourd’hui les dommages sur els populations d’abeilles et de pollinisateurs. On suspecte également qu’ils ont un impact négatif sur le développement des cerveaux des enfants.

A l’occasion du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, la FNH souhaite que les parlementaires mettent fin à l’utilisation de ces substances en France. L’usage de 3 d’enter eux sont déjà interdits au niveau européen, il faut aller plus loin !

stop pesticides 

Soutenir et développer l’agriculture biologique

L’agriculture biologique est en plein essor en France. Les surfaces consacrées atteignet près de 5% de la surface agricole utile française. Non seulement cette forme d’agriculture est bénéfique pour l’environnement mais, dans le contexte de crise actuelle des prix, les agriculteurs bio en tirent un revenu correct et une bonne santé économique de leurs exploitations.

Lae gouvernement doit amplifier le soutien à l’agriculture biologique pour poursuivre la dynamique de conversion actuelle. Il doit donner cet élan qui illustre qu’une agriculture en bonne santé sans pesticides est possible !

Soutenir la production de légumineuses et d’herbe partout sur le territoire

L’agriculture est face à un triple défi : s’adapter au changement climatique, réduire sa contribution aux gaz à effet de serre et stocker du carbone dans les sols. La bonne nouvelle est qu’une agriculture basée sur les principes de l’agroécologie en est tout à fait capable !

Deux facteurs de réussite doivent être soutenus par les pouvoir publics : l’implantation de légumineuses (pois, féverole, luzerne…) qui réduisent l’émission de N20, puissant gaz à effet de serre, et le maintien des surfaces en herbe dédiées au pâturage des animaux qui permettent de stocker du carbone dans les sols et de maintenir la biodiversité. Ces deux actions permettront également d’être moins dépendants du soja OGM importé pour l’alimentation animale !

Soutenir l’installation des jeunes

L’agriculture doit redevenir une source d’emplois stables et rémunérateurs. Elle est actuellement dans une phase de crise agricole qui peut démotiver les jeunes actifs à vouloir faire ce métier. Pourtant des modèles agricoles plus respectueux de l’environnement et rémunérateurs existent. Il faut soutenir les jeunes à s’installer sur ces formes d’agriculture et leur permettre l’accès aux terres.

Faire de la restauration collective un levier central d’évolution de l’agriculture

La restauration collective concerne 8 millions de français par jour, petits et grands. Des producteurs aux consommateurs en passant par les élus, les distributeurs ou les grossistes, toutes les filières agricoles sont concernées. La FNH souhaite que l’introduction de produits bio et de qualité, locaux, de saison, soient soutenue et aidée pour contribuer au développement d’une agriculture saine dans les territoires.